On pense souvent qu'il existe des secrets marketing pour assurer le succès d'une stratégie de marque. Des formules magiques qui seraient détenues par les grands gourous de la communication.
Mais la vérité est plus simple : des exemples de marketing réussis existent tout autour de nous, il suffit de les voir, de les analyser… et de les copier !
Ainsi, j'ai récemment été attrapée par la dernière série à succès de Netflix : La Chronique des Bridgerton (la saison 2 connaît le meilleur démarrage de l'histoire pour une série anglaise).
Au-delà du show et de l'intrigue, j'ai été interpelée par l'un des personnages qui nous donne tout au long des 2 saisons (et des 8 tomes des livres dont est issue la série), une magnifique leçon de marketing : Lady Whistledown.
Décortiquons ensemble les ingrédients de la réussite de sa (petite) entreprise. Article garanti sans aucun spoiler !
Du marketing chez les Bridgerton ?
Remise en contexte : Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Comment ?

La Chronique des Bridgerton, tirée des livres de Julia Quinn, se déroule au début du XIXe siècle en Angleterre.
Dans un style inspiré par Jane Austen, l'autrice met en scène la famille Bridgerton. Très en vue dans la haute société anglaise, cette famille de 8 enfants est le cœur de toutes les attentions et de toutes les conversations pendant la saison des mondanités.
La série suit donc les trépidations du gotha londonien durant la saison des rallyes et des bals.
Dès le premier épisode, une chroniqueuse anonyme façon Gossip Girl vient bousculer la haute société en publiant un petit journal dans lequel elle commente les faits et gestes du beau monde : Lady Whistledown.
C'est donc elle qui nous intéresse ici tout particulièrement ! Et elle nous donne, au fur et à mesure des épisodes, une magnifique leçon de stratégie marketing.
3 fondamentaux à voler à Lady Whistledown pour votre stratégie marketing
Règle n°1 : connaître son persona sur le bout des doigts

Dès le début, Lady Whistledown semble connaître par cœur son client cible. C'est pourquoi elle délivre à son audience un contenu véritablement adapté à leurs attentes.
Elle maîtrise son persona, sa CSP, ses désirs, ses problèmes et ses habitudes.
Au début du XIXe siècle, la bonne société anglaise, hyper favorisée, ne travaille pas et passe la majorité de son temps à se fréquenter, se jalouser et se séduire dans l'unique but de se marier.
Ainsi, pour perpétuer leurs privilèges et préserver leur mode de vie (pour rappel en France, nous avons eu la Révolution, pas les Anglais), les familles de la haute société anglaise mariaient leurs enfants entre eux, dans une sorte de marché à ciel ouvert.
Lady Whistledown met donc le doigt pile sur leurs préoccupations et parle leur langage pour capter leur attention.
Bref, son étude de marché est au top, sa stratégie éditoriale frise la perfection.
→ Pour aller plus loin, consultez notre guide complet définir votre persona
Règle n°2 : un branding cohérent qui véhicule vos valeurs

Dans la série, le branding de Lady Whistledown est discret, mais bel et bien présent. Et il y a une vraie cohérence entre son positionnement, son identité visuelle, et les valeurs qu'elle véhicule.
Tout d'abord, son nom « Whistledown », signifie littéralement « coup de sifflet vers le bas ». De quoi résumer parfaitement sa mission : faire tomber les masques de la haute société. Rien que ça.
(Envie d'un nom qui cartonne pour votre entreprise ? mōhio a sorti son guide complet pour un naming de marque réussi)
Par ailleurs, son logo, qui reprend un profil de femme en ombre chinoise, permet de planter le décor : on sait immédiatement qu'on a affaire à une femme cultivée qui se cache dans l'ombre.
Lady Whistledown est donc un peu la bonne copine. Celle que vous invitez à prendre le thé sans vous méfier. Celle à qui l'on confie ses secrets les plus inavouables. Elle pourrait être n'importe qui, ce qui renforce l'intrigue et l'intérêt de ses lecteurs.
Même sa baseline est irréprochable : « Extraordinary people. Extraordinary news. »… Ce qui est à la fois flatteur pour son public et terriblement scandaleux.
Bref, son branding tout entier donne envie de cliquer !
Règle n°3 : une ligne éditoriale parfaitement claire
La ligne éditoriale permet à vos lecteurs de savoir à l'avance quel type de contenu il va lire, sur quel ton et avec quelles valeurs celui-ci va être rédigé.
S'il se sent aligné avec votre ligne éditoriale, il y a fort à parier qu'il vous lise à chaque publication, voire qu'il attende avec impatience vos contenus.
Dans La Chronique des Bridgerton, celle de Lady Whistledown est parfaitement définie.
Son public sait très bien ce qu'il va trouver en la lisant, et il entre avec délectation dans chacun des numéros du « Lady Whistledown Society Papers ».
Dans le petit monde de l'aristocratie, tout le monde sait que son journal parle des derniers potins et commérages de la haute société. La tonalité est mordante, parfois même cinglante.
Malgré le vertige du voyeurisme, les « Society Papers » de Lady Whistledown restent une lecture confortable : on sait ce que l'on va y trouver, et on y revient pour ça.
On frissonne donc gentiment à l'idée de se retrouver dans ses lignes, à la fois d'appréhension, mais aussi de fierté, car Whistledown ne choisit que les « personnages » les plus en vue pour rédiger ses chroniques.
2 secrets marketing pour fidéliser son audience façon Chronique de Bridgerton
Secret n°1 : un storytelling envoûtant

Lady Whistledown maîtrise le storytelling à la perfection !
Il faut dire que le sujet s'y prête puisque le thème principal reste « Qui va épouser qui ? ».
Ceci dit, la chroniqueuse pousse le storytelling un peu plus loin en insistant sur certains acteurs et actrices de la haute société. Elle choisit délibérément de les suivre d'épisode en épisode pour créer un fil rouge et rendre ses lecteurs accros à ses chroniques.
Ses publications sont donc feuilletonnées, il y a un héros ou une héroïne, un but, des embûches et un suspense insoutenable.
Secret n°2 : un lancement stratégique
Last but not least, Lady Whistledown rend complètement accro le gratin londonien en utilisant la technique marketing la plus vieille du monde : le modèle Freemium.
En effet dans les livres de La Chronique des Bridgerton, il est expliqué que pour booster le lancement de son journal, le Lady Whistledown est distribué 3 fois par semaine gratuitement… les 2 premières semaines !
La qualité de son contenu est telle qu'à la 6e édition ses lecteurs sont accros, et n'hésitent pas une seconde à passer au payant.
Pour résumer : la base d'une stratégie marketing réussie façon Bridgerton
3 fondamentaux de marque :
Étude de marché
Branding
Ligne éditoriale
2 axes de fidélisation client :
Storytelling
Action marketing ciblée
Crédits illustrations : LIAM DANIEL/NETFLIX